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19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 02:24

RCD DégageLa clique du RCD encore au pouvoir est actuellement en train d’essayer de récupérer la Révolution : la chaîne de télévision officielle, auparavant dénommée la 7ème (en référence à la prise du pouvoir par Ben Ali, le 7 novembre 1987), a été rebaptisée « el wataniya» ("la nationale"). Alors que la police continue de réprimer les révolté-e-s et de brimer la contestation populaire, l’arrière plan de la chaîne est constitué par une photo de l’énorme manifestation de Tunis du 14 janvier. Le gouvernement « d’union nationale » a annoncé la radiation de Ben Ali du RCD et deux ministres ont déclaré avoir quitté ce parti. Tout aussi sanguinaires et corrompus que Ben Ali et ses proches, Ghannouchi et ses ministres annoncent régulièrement l’arrestation de tel ou tel membre de la famille de l’ancien dictateur. Un gouvernement « d’union nationale » a été constitué où le RCD monopolise les postes-clés. Le Parti Communiste des Ouvriers de Tunisie est toujours considéré comme illégal et son porte-parole, Hamma Hammami, censuré par les médias.

   Mais nous ne sommes pas dupes et la Révolution populaire continue ! Des manifestations à Tunis et dans de nombreuses villes de province ont eu lieu encore aujourd’hui, où les Tunisien-ne-s réclament la chute de tous les RCDistes et la constitution d’un gouvernement exclusivement constitué de membres de l’opposition. Les messages sur les sites internet et les appels téléphoniques aux chaînes étrangères se multiplient qui appellent à la vigilance et à la poursuite de la mobilisation : « ne nous laissons pas voler notre Révolution », « Nous ne nous ferons pas avoir », « Le dictateur est tombé, mais la dictature pas encore », etc.

   Le gouvernement-RCD agite aussi le spectre du chaos, et au nom de la « sécurité » et de « l’état d’urgence », continue de réprimer violemment les manifestant-e-s. Il se situe, sans grande surprise, dans la continuité du parti-Etat benalien. Au nom de la lutte contre le « terrorisme », nous avons eu droit à des années d’arrestations et d’emprisonnements des militant-e-s, de musellement des journaux et des médias audiovisuels, et d’humiliations quotidiennes. Cette politique du « Ferme ta gueule » et tu auras la « sécurité » aura été, on le sait, soutenue jusqu’au bout par la France et les USA, qui n’ont affiché que mépris pour les révolté-e-s.

     La volte-face récente du gouvernement français n’est que pure hypocrisie : l’annonce du gel des avoirs financiers au nom de Ben Ali est une manœuvre pour interférer sur le jeu politique tunisien. L’Etat français tentera de soutenir tel ou tel qui mènera une politique capitaliste favorable aux intérêts de ses entreprises et qui reconduira des « accords commerciaux bilatéraux » singulièrement asymétriques.

   Quant à nous, nous soutiendrons le(s) militant-e-(s), qui ne sont pas issu-e-s du parti-Etat, qui ont résisté à la dictature et consenti des sacrifices, cela va de soi, mais aussi qui mettront fin à l’exploitation des travailleurs/ses et à l’ingérence des puissances étrangères, et qui sont respectueux/ses de l’égalité entre les hommes et les femmes. Une Tunisie égalitaire et réellement indépendante, c'est possible! 

Kolektif dégage

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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 15:27

 

Le collectif de Solidarité avec les Luttes des Habitants de Sidi Bouzid – Tunisie, appelle à un :

 

 

Rassemblement

Jeudi 20 Janvier 2011 à 18h.00

Fontaine des Innocents à Paris

Metro :  Chatelet – RER : Les Halles

 

 

Source : citoyen des 2 rives

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15 janvier 2011 6 15 /01 /janvier /2011 12:39

   Ben Ali a été contraint par des milliers de Tunisiennes et de Tunisiens de quitter le pouvoir.

Mais ce n’est que le début de la victoire. La France a jusqu’ici toujours apporté son soutien au dictateur, qui a ouvert les frontières aux capitaux des entreprises françaises. Massivement implantées en Tunisie, ces entreprises font travailler les Tunisiennes et les Tunisiens, sept jours sur sept, pour un salaire de misère. Une travailleuse dans les entreprises françaises de textile commence le travail à sept heures du matin et quitte l’usine à six heures du soir pour 150 euros par mois !

   Ben Ali a été acculé au départ, mais les autorités françaises soutiennent Mohammed Ghannouchi, l’actuel premier ministre. Ne soyons pas dupes ! Si le gouvernement français a refusé d’accueillir Ben Ali, ce n’est pas en soutien au peuple tunisien ! Ce gouvernement méprise la révolte populaire. Alors que des dizaines de Tunisien-ne-s étaient tué-e-s par les balles de la police, sous l’ordre du régime, l’Etat français a cautionné par son silence, l’assassinat des révolté-e-s.

Pire, il est allé jusqu’à proposer, par la voix de Michèle Alliot-Marie, des renforts policiers ! 

    Les révolté-e-s ne scandent pas seulement « Ben Ali dégage ! », ils/elles clament : « pain, liberté, dignité nationale ! » (« khobz, horriya, karâma wataniya ! »).

 

Comme eux/elles, nous exigeons que la France arrête de piller, comme elle l’a fait depuis un siècle les richesses matérielles et humaines de la Tunisie !

 

Kolektif dégage, JERF jeunes émigrés réunionnais en France

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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 20:42

 

 

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 BEN ALI est parti ! Vive le peuple Tunisien !

Ben Ali, son gouvernement et sa police tuent depuis des semaines. Ils étranglent le peuple tunisien depuis trop longtemps. Nos frères et sœurs tunisien-nes sont aujourd’hui DEBOUT dans la révolte et la lutte pour se  procurer eux-même la liberté, la parole, du travail et les vivres minimums pour se relever contre des années de répression, de torture et de meurtres.

Dans  notre pays la Réunion la vie aussi est trop chère, le taux de chômage bat des records : nous comprenons ce combat et nous le soutenons !

 Les peuples ont raison de lutter contre la misère et la profitasion.

Les images à la télévision ne montrent que le feu et la violence mais le sang coulé des jeunes et des opposants n’est que le reflet d’années entières de misère pour des millions de tunisiens.

L’Etat français prétend ne pas vouloir donner de leçons à la Tunisie. Pourtant Alliot Marie donne des leçons de répression : mépris de la France à l’égard du peuple tunisien ! C’est sûr que la France est numéro 1 en matière de meurtre au taser, de violences policières, de chasse aux Rroms et de centres de rétention.

C’est  « Le fric d’abord »  pour la France depuis la colonisation , elle garde une main mise sur nos pays.

L’Etat français doit arrêter de soutenir la dictature de Ben Ali ! 

          Etat Français, Etat hypocrite !                             Etat Français, Etat complice !

           BEN ALI , assassin !        BEN ALI, dégage !

Paris, le 14 janvier 2011

Contact : 06 70 25 46 75 / soutienreunion@yahoo.fr

blog : http://jerf-libre.blogspot.com/

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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 19:37

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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 15:57

TUNIS (Reuters) - Au moins 5.000 manifestants se sont rassemblés vendredi matin devant le siège du ministère tunisien de l'Intérieur, à Tunis, pour réclamer la démission immédiate du président Zine el Abidine ben Ali, rapporte un journaliste de l'agence Reuters. 

 

 

Les manifestants ont scandé des slogans comme "Ben Ali, va t'en !" ou "Ben Ali, merci, mais ça ne suffit pas".

 

 

La veille, dans un discours télévisé à la nation, le président tunisien, au pouvoir depuis 1987, a annoncé une série de mesures visant à désamorcer la crise, dont l'engagement de ne pas briguer de nouveau la présidence à l'issue de son mandat actuel, en 2014.

 

 

 

 

 

Tarek Amara; Jean-Philippe Lefief et Henri-Pierre André pour le service français

Sources Reuters

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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 15:36

 

 Les déclarations des responsables français dont notamment l'offre de service et d'ingérence faite par la ministre Madame Alliot Marie proposant aux autorités tunisiennes de les faire bénéficier du "savoir faire et des techniques du maintien de l'ordre à la françaises" pour mater la population, constituent, en ces jours tragiques que traverse la Tunisie,une insulte au peuple tunisien qui s'est soulevé pour réclamer la liberté, le droit à la vie et au travail, la dignité,la démocratie et la justice sociale.

 

Ces déclarations et prises de positions officielles témoignent de la myopie des autorités françaises qui persistent à ne pas vouloir regarder la réalité de la situation en Tunisie, en ménageant vaille que vaille un pouvoir corrompu et despotique qui tue les manifestants, emprisonne les défenseurs des droits de l'homme et foule aux pieds les droits élémentaires de la personne humaine.

 

 Les tunisiens de France, les associations de l'immigration et les représentants des mouvements politiques tunisiens dénoncent l'attitude du gouvernement français et son mépris envers les aspirations légitimes du peuple tunisien et condamnent son soutien aux politiques répressives du pouvoir en Tunisie.

 

 

-ATF- ATF Paris - Courant Nationaliste Progressiste - CPR - CRLDHT - Etoile Nord Africaine - FDLT (Forum démocratique pour la liberté et le Travail) - FTCR - Mouvement Nahdha - Mouvement Tajdid France - PCOT - PDP - Solidarité Tunisienne - SYNDICAT DES ECRIVAINS DE TUNISIE - UTIT - Voix Libre.

 

Sources : citoyens des deux rives

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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 10:04

 

Alors que les affrontements auraient fait 66 morts en Tunisie selon un dernier bilan, le gouvernement français reste silencieux. Éléments de réponse.

 Selon un bilan établi par la Fédération internationale des droits de l'Homme, les affrontements auraient fait 66 morts. (photo AFP).

Selon un bilan établi par la Fédération internationale des droits de l'Homme, les affrontements auraient fait 66 morts. (photo AFP).

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Le mouvement de révolte contre le chômage se poursuit en Tunisie. Mercredi, la révolte a gagné la banlieue de Tunis, où de violents affrontements ont opposé les forces de sécurité à des jeunes cette nuit, et ce malgré le couvre-feu.

Depuis le début de la protestation mi-décembre, les violences ont fait 21 morts selon le gouvernement local, 50 de source syndicale, 66 selon la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme.

Mercredi, un Franco-Tunisien, Hatem Bettahar, professeur d'informatique à l'Université de Technologie de Compiègne (Oise) a été tué par balles dans la ville de Douz. Ses collègues et le frère de la victime ont choisi de publier la vidéo où on le voit agoniser, c'est d'ailleurs l'un d'eux qui a prévenu Rue89 de son décès.

Au pouvoir depuis 23 ans, le gouvernement du président Zine El Abidine Ben Ali a pourtant tenté de calmer le jeu, avec le limogeage du ministre de l'Intérieur et la libération de toutes les personnes arrêtées, à "l'exception de ceux qui sont impliqués dans des actes de vandalisme".

Mercredi, l'Union européenne (UE) a condamné l'usage "disproportionné" de la force par la police en Tunisie. Mais du côté du gouvernement français et de l'Élysée, c'est un silence embarrassé. Exemple significatif : celui d'Éric Besson, ministre de l'Industrie : "Je n'ai pas de point de vue particulier sur la Tunisie". Plusieurs voix de l'opposition ont dénoncé la modération des réactions du gouvernement français face à la répression.

"Un silence coupable" selon Benoit Hamon, porte-parole du parti socialiste. Même reproche, mot pour mot, exprimé par Jean-Luc Mélenchon. "Je crois que c'est un silence coupable, c'est le silence de gens qui ne savent que faire après avoir accompagné d'une manière irréfléchie (la) trajectoire politique" du président Zine el Abidine Ben Ali", a déclaré le président du parti de gauche.

Mercredi, les propos de Michèle Alliot-Marie, qui avait évoqué une possible coopération sécuritaire entre les deux pays, ont eu aussi provoqué l'indignation.

Pourquoi la France ne sort-elle pas de sa réserve ? Liste des différents arguments avancés.

  • Ben Ali : rempart contre l'islamisme ?

Un des arguments avancés pour expliquer le silence de la France : le président tunisien serait le meilleur rempart contre l'islamisme.

"L'argument selon lequel le régime actuel en Tunisie est un rempart contre le fanatisme et l'islamisme est insuffisant", juge Jean-Pierre Sueur, président du groupe d'amitié France-Tunisie au Sénat, interrogé par LeMonde.fr. "C'est bien de lutter contre l'islamisme, mais si cela doit être payé par des atteintes aux libertés, au droit de s'exprimer, de manifester, c'est injustifié", poursuit-il.

"Je pense (que cet argument) a été vrai un temps, quand il a donné l'impression que la démocratie allait arriver. C'était alors un magnifique rempart. Mais à mesure que le pouvoir s'est fermé, que la main a été donnée aux services de police (...) c'est tout le contraire", estime Jean-Luc Mélenchon.

  •  Les liens d'amitié ?

"Compte tenu de nos liens d'amitié et compte tenu de notre histoire commune, aller plus loin serait faire preuve d'une ingérence qui n'est pas du tout la ligne de la diplomatie française", s'était défendu le ministre du Budget et porte-parole du gouvernement, François Baroin, pour expliquer le silence de la France.

Même discours du côté de Luc Chatel interrogé sur Radio Classique et i-Télé : "La Tunisie est un pays ami, nous sommes extrêmement vigilants sur ce qui se passe là-bas et fortement préoccupés (...) En même temps, la France n'a pas à s'ingérer dans les affaires de la Tunisie".

Et il n'y a pas qu'à droite que ça embarrasse. Né en Tunisie, Bertrand Delanoë, n'était très à l'aise non plus quand France 2 a voulu l'interroger. Interviewé sur France Culture, le maire socialiste de Paris s'est simplement dit "être au côté du peuple". "Depuis le début de ces événements, j'ai veillé à être en contact avec les uns, les autres et notamment les organisations syndicales, politiques, démocratiques dans leur diversité", a fait valoir Delanoë, qui y retourne fréquemment et a gardé de nombreuses attaches dans ce pays.

Présidente du groupe CRC-SPG (Communistes et parti de gauche) du Sénat, Nicole Borvo Cohen-Seat, dénonce un "mutisme" de Sarkozy, qui "se tait" "quand son ami Ben Ali tue". "Nous nous étonnons de la discrétion de l'Union européenne et du mutisme de la France et de son président de la République qui se voulait, il y a quatre ans, le Président des Droits de l'Homme", s'insurge-t-elle dans un communiqué. 

  • Les intérêts économiques ?

D'autres expliquent ce silence par les liens économiques. La côte tunisienne est très appréciée des Français et beaucoup d'entreprises françaises sont présentes dans le pays.

"La France est le principal partenaire économique de la Tunisie, ce qui peut expliquer sa prudence", estime sur LaCroix.com, Claire Spencer, directrice du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord de l'institut britannique de recherches internationales. Elle poursuit : "Le modèle tunisien a généré un développement économique dynamique et une classe moyenne solide. La croissance moyenne annuelle est de 4 % et les projets immobiliers sont nombreux dans la zone côtière qui concentre le développement."

Daniel Cohn-Bendit, qui a demandé l'ouverture d'une commission d'enquête internationale indépendante et la suspension immédiate des négociations d'un statut avancé UE-Tunisie, a accusé la France d'être "le paillasson du président Ben Ali" en "entretenant un leurre comme celui de la réussite économique de la Tunisie".

  • Pas d'alternative au pouvoir actuel ?

C'est aussi un des arguments avancés par le Quai d'Orsay selon France 2. Y a-t-il une relève à Ben Ali ? "La réponse n’est pas évidente, tant vingt-trois années de pouvoir sans partage et de répression systématique des libertés publiques ont anéanti le champ politique", écrit Christophe Ayad, journaliste à Libération et spécialiste du monde arabe.

"L'opposition tunisienne est marginalisée, ou réduite au silence et à l'exil. L'alternative n'est ni apparente ni prête. Du coup, pour la France, ce régime est le moindre mal" explique le chercheur Karim Emile Bitar, spécialiste du monde arabe, à Lexpress.fr.

"C’est ce vide [autour du pouvoir] qui inquiète", décrypte Jean-François Martin, auteur d’Histoire de la Tunisie contemporaine (L’Harmattan) à 20minutes.fr. "On ne sait pas de quoi est faite l’opposition qui pourrait prendre le relais à la tête du pays. Est-elle démocratique ou extrémiste?"

 

13 janvier 2011 16h13 | Par Aude Courtin,

Source : SudOuest.fr

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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 09:47

A ce niveau, on ne sait plus quel mot employer : connerie ? incompétence ? ignorance ? Comment Michèle Alliot-Marie, ministre des Affaires étrangères de la République, intervenant dans le cadre solennel de l'Assemblée nationale en lisant un texte écrit d'avance, a-t-elle pu proposer une coopération sécuritaire à la Tunisie au moment où les morts se comptent par dizaines ?

Invraisemblable ? Ecoutez-la donc, c'était dans le cadre de la séance des questions au gouvernement, mardi, en réponse à la question d'un député qui relevait l'« incohérence » entre la position française en faveur de la démocratie en Côte d'Ivoire, et son soutien « indéfectible à la dictature de M. Ben Ali ». La réponse de la ministre, après avoir « déploré » les violences :

« Nous proposons que le savoir-faire qui est reconnu dans le monde entier de nos forces de sécurité permette de régler des situations sécuritaires de ce type.

C'est la raison pour laquelle nous proposons aux deux pays [Algérie et Tunisie, ndlr], dans le cadre de nos coopérations, d'agir en ce sens pour que le droit de manifester puisse se faire en même temps que l'assurance de la sécurité. » (Voir la vidéo de BFM-TV)

 


 

Ainsi donc, tout ce que la France trouve à dire à propos de la tuerie qui se déroule depuis plusieurs jours en Tunisie face au mouvement de la jeunesse, c'est que techniquement, c'est pas parfait et que notre « savoir-faire » est à sa disposition.

Après coup, le Quai a dû juger ce texte -officiel- indécent

La déclaration est à ce point hallucinante qu'elle a été ratiboisée par le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bernard Valéro, qui, mercredi, l'a pudiquement résumée de la sorte :

« Aujourd'hui, face à cette situation, la priorité doit aller à l'apaisement après des affrontements qui ont fait des morts. »

 

« Le ministre d'Etat a également rappelé que nous demandons “que le droit de manifester soit assuré de même que la sécurité.” »

 

Exit donc l'offre de partager cette « expertise » que le monde entier nous envie. L'indécence a dû sembler, a posteriori, trop grande, y compris au sein même du Quai d'Orsay, où, pourtant, la déclaration solennelle avait vu le jour.

Car la ministre ne s'est pas fait piéger au micro d'une radio ou par « l'Internet » : elle a lu un texte officiel, en réponse à une question posée à l'avance.

Une dictature ? « Tout à fait exagéré » pour Frédéric Mitterrand

Michèle Alliot-Marie va donc devoir incarner, pour longtemps, le cynisme de la France officielle face à la dictature de Ben Ali. Elle coiffe sur le poteau son collègue de la Culture, Frédéric Mitterrand, qui s'était bien placé, pourtant, en déclarant dimanche sur Canal + :

« Il y a une opposition politique mais qui ne s'exprime pas comme elle pourrait le faire en Europe. Mais dire que la Tunisie est une dictature univoque, comme on le fait si souvent, me semble tout à fait exagéré. »

 

Entre les « anathèmes » que Michèle Alliot-Marie ne veut pas prononcer, et la poursuite de cette complaisance vis-à-vis d'un régime qui fait tirer à balles réelles sur sa jeunesse, il y avait sans doute une attitude plus noble, plus respectueuse des Tunisiens, et une manière de dire le refus de ce qui se perpétue dans les villes tunisiennes que même la novlangue diplomatique permet.

De quoi regretter le silence de la France

Depuis plus de deux décennies, Jacques Chirac, puis Nicolas Sarkozy, mais aussi, disons-le, une partie de la gauche française, ont délibérément fermé les yeux devant un régime dont on vantait les succès économiques et la laïcité, en refusant d'en voir la face à peine cachée, la main-mise d'un clan familial sur l'économie du pays, les pratiques mafieuses au plus haut niveau, les impasses sociales aujourd'hui criantes, et la répression de toute contestation, notamment sur le Web.

Le roi est nu aujourd'hui, aussi bien à Tunis qu'à Paris. Il aura fallu le suicide d'un jeune de Sidi Bouzid pour que craque, non seulement la façade de la dictature tunisienne, mais aussi l'ampleur de ses complicités de ce côté-ci de la Méditerranée.

Le silence de la France officielle devenait pesant après plusieurs semaines de révolte, et surtout après le massacre de Kasserine. La manière dont ce silence a été rompu par la ministre d'Etat fait regretter le temps où Paris se taisait. Au moins, pouvait-on espérer qu'à défaut d'avoir le courage de l'exprimer, Paris avait au moins la compassion et la solidarité qu'est en droit d'attendre le peuple tunisien.

 

Source : Rue89

 

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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 09:20

Parti de la région de Sidi Bouzid contre le chômage, le mouvement des étudiants gagne Tunis pour exprimer un ras-le-bol plus large.

La région de Sidi Bouzid, ici en rouge sur une carte de Tunisie (Wikimedia Commons).

Mohamed Bouazizi s'est immolé, Houcine Neji s'est jeté sur un pylône électrique et Lotsi Guadri a plongé dans un puits. En l'espace de dix jours, ces trois jeunes Tunisiens ont tenté de se donner la mort, épuisés par leur difficulté à vivre dans un pays où les débouchés professionnels se font rares.

Depuis le 17 décembre, les Tunisiens sont nombreux à descendre dans la rue pour manifester leur désarroi face au chômage qui les touche de plein fouet. Engagé par les jeunes diplômés de la région centrale de Sidi Bouzid, le mouvement a gagné Tunis le 25 décembre, où la répression policière s'est également intensifiée. (Voir une vidéo publiée sur Facebook, et datée du 27 décembre)


 

Joint par téléphone mardi, un militant du mouvement d'opposition Byrsa, présent à Tunis, a affirmé que des personnes ont été arrêtées dans différents quartiers de la capitale. Des commerces ont été saccagés. A Sidi Bouzid, un civil a été tué par balle le 24 décembre après que la police a ouvert le feu.

Les manifestations sont très tendues, comme ici à Feriana, ville située près de l'Algérie. (Voir la vidéo)

 


 

« Les étudiants n'ont aucun débouché professionnel »

Professeur de civilisation américaine et sociologue à l'université de Caen, Taoufik Djebali n'est pas surpris par la mobilisation croissante de la population. Cet enseignant tunisien, qui retourne chaque année dans son pays en tant que professeur invité, estime :

« C'était complétement prévisible. Les étudiants ont conscience qu'ils n'ont aucun débouché professionnel en Tunisie.

 

A chaque fois que je rentre en France, je reçois une multitude de demandes d'inscription de troisième cycle. »

 

En Tunisie, être diplômé n'est pas synonyme d'ascension sociale. Selon une étude réalisée par Carnegie Moyen Orient, les jeunes diplômés sont plus affectés par le chômage que la moyenne des Tunisiens : alors qu'il concerne 13,3% de la population, 21,1% des jeunes ayant obtenu une qualification sont sans emploi. Une situation que Taoufik Djebali s'explique facilement :

« Avant l'arrivé au pouvoir de Zine el-Abidine Ben Ali en 1987, le nombre de diplômés était très limité. Le Président a réformé le système universitaire : il est maintenant très facile d'obtenir un diplôme. »

 

Selon lui, la démocratisation n'est pas une mauvaise idée, mais rien n'a été fait pour garantir à ces étudiants un emploi à la fin de leurs études. Résultat : alors que la Tunisie est saluée pour son développement économique, les jeunes sont très touchés par le chômage.

Pour Meziane – le prénom a été modifié –, étudiant à l'université Manouba de Tunis, ce malaise n'est pas nouveau :

« Déjà en 2009, il est souvent arrivé que des étudiants protestent dans la faculté contre le manque de perspectives professionnelles. »

 

« Plus de liberté d'expression, moins de corruption »

Selim Ben Hassen a créé le « mouvement citoyen » Byrsa il y a un an. Ses membres participent aux manifestations. Pour lui, la tension n'est pas prête de redescendre :

« Les étudiants sont encore en vacances, mais lundi ils reprennent les cours. Je pense que les universités peuvent se soulever. [Le gouvernement a annoncé mercredi en milieu de journée que la rentrée estudiantine est reportée] »

 

Selon le chef de ce mouvement, les manifestations révèlent un malaise beaucoup plus profond. Jour après jour, les slogans scandés par les manifestants évoluent :

« Depuis vendredi, ils ont pris une teneur politique : ils demandent plus de liberté d'expression, moins de corruption, alors qu'avant il s'agissait juste de dénoncer le haut taux de chômage. »

 

D'autres bannières appellent le Président à ne pas se représenter en 2014, alors qu'il en a l'intention.

Interrogé par Rue89, Yanis – le prénom a été modifié –, étudiant à la faculté de droit de Tunis, confirme :

« Je manifeste parce qu'il y a une injustice : on n'a pas de quoi manger pendant que d'autres ont une vie de luxe. Ces gens-là [au pouvoir] nous obligent à nous taire et mettent en prison ceux qui veulent contester leur pouvoir.

 

Quand Ben Ali est venu en 1987, il a dit qu'il voulait mettre fin à la présidence à vie… Ça fait vingt-trois ans qu'il est là et il veut continuer.

Cette fois, on ne se taira pas. On ira très loin pour défendre nos droits. »

 

Depuis sa première victoire en 1987, Ben Ali a modifié la Constitution à plusieurs reprises, de manière à se maintenir à la tête du pays.

En 1998, il a fait passer un amendement autorisant les candidats à effectuer un troisième mandat. En 2002, un autre leur permet de briguer un mandat jusqu'à l'âge de 75 ans. Le Président prépare déjà sa réélection pour 2014.

« Les richesses du pays, monopolisées par la famille de Ben Ali »

Jour après jour, la composition des cortèges se diversifie. Taoufik Djebali informe que des avocats ont manifesté à Tunis et à Sidi Bouzid pour soutenir les chômeurs.

Premier problème selon le professeur : les fortes disparités économiques entre les différentes régions du pays, qui auraient pu être évitées :

« Depuis l'indépendance, les régions littorales ont reçu beaucoup plus d'investissements que celles de l'intérieur du pays.

 

Pour développer le tourisme, mais également car les deux présidents tunisiens, Bourguiba et Ben Ali, viennent de Monastir et de Sousse, en bord de mer. Ces régions ont été largement plus aidées que les autres. »

 

Selim Ben Hassen est plus direct :

« Les richesses du pays sont monopolisées par la famille du Président. Si vous souhaitez ouvrir la moindre petite boutique, il faut arroser d'argent le pouvoir pour qu'il vous laisse tranquille. Les Tunisiens en ont ras-le-bol. »

 

Le gendre de Ben Ali, Sakhr Materi, cristallise les frustrations des Tunisiens : propriétaire de la banque islamique Zitouna et de plusieurs concessions automobiles, il a également racheté le groupe de presse Dar Essabah, qui publie les deux principaux journaux du pays. En 2010, il a aussi acquis 25% du capitale de l'opérateur téléphonique Tunisiana.

Bientôt « le chaos » faute d'encadrement ?

Mais selon Taoufik Djebali, ces manifestations ne menacent pas le régime, installé au pouvoir depuis trop longtemps pour faire des concessions.

Le Président est sorti de son silence le 28 décembre pour s'exprimer publiquement à ce sujet, entourant ses déclarations d'une grande mise en scène, se rendant au chevet du jeune supplicié de Sidi Bouzid et recevant la mère de ce dernier.

Si Ben Ali assure que tout sera fait pour juguler le chômage, il n'est pas indulgent pour autant avec les manifestants. Il promet que « la loi sera appliquée durement » contre cette « minorité
d'extrémistes et d'agitateurs à la solde d'autrui et contre les
intérêts de leur pays [ayant] recours à la violence et aux troubles dans la
rue comme moyen d'expression. »

Mercredi, le premier ministre Mohamed Ghannouchi a annoncé un remaniement ministériel : le ministre des communications Oussama Romdhani a été remplacé par Samir Abidi, l'ancien ministre de la jeunesse et des sports.

Taoufik Djebali redoute le durcissement de la mobilisation :

« Cela risque d'être le chaos car le mouvement n'est encadré par personne vu qu'il n'existe aucune véritable opposition politique en Tunisie. »

 

Le professeur a peur que cette contestation, qui arrive en plein vide politique, ne soit récupérée par les fondamentalistes. Al Jazeera a en effet diffusé le 28 décembre la réaction de Rached El Ghannouchi, chef historique du mouvement islamiste tunisien réfugié à Londres.

 

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