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11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 14:30

Les femmes diplômées en recherche d’emploi sont les premières victimes des discriminations territoriales, selon une étude réalisée par le Centre d’études de l’emploi en juillet dernier.

 

 

Une étude datée de juillet 2010, réalisée par des chercheurs du Centre d’études de l’emploi (CEE), donne de nouvelles pistes sur les effets du lieu de résidence sur l’accès à l’emploi. Cette étude menée entre décembre 2008 et janvier 2009, repose sur une méthode de testing. Douze candidats fictifs, crédibles et expertisés, vivant à Sarcelles, Enghien-les-Bains et Villiers-le-Bel, hommes et femmes, d’origine française et d’origine marocaine, ont répondu à 307 offres d’emploi dans le domaine de l’informatique en Ile-de-France. Avec à chaque fois le même profil : Bac+5 et deux ans d’expérience dans une entreprise. Trois dimensions ont ainsi permis d’évaluer la discrimination : « l’effet de la réputation du lieu de résidence, l’effet du sexe et l’effet de l’origine (française ou marocaine) ».

Première remarque : le taux de succès le plus faible revient aux femmes d’origine marocaine résident à Sarcelles et à Villiers-le-Bel, soit respectivement 13,7 % et 15 %. Quant aux candidats, hommes d’origine marocaine, vivant à Villiers-le-Bel, ils connaissent le plus faible taux d’invitation à un entretien avec 17,3%. Ces résultats avoisinent ceux des femmes d’origine française habitantes de Villiers-le-Bel avec 17,9% de réponses favorables. Ce dernier résultat montre que les chances d’accès à un entretien d’embauche d’une femme d’origine française sont de 4,2 points inférieures si elles résident à Villiers-le-Bel plutôt qu’à Sarcelles. Pascale Petit, économiste à l’université d’Evry Val d’Essonne et membre du CEE explique : « Pour le recruteurs, le C.V d’une femme d’origine française avec toutes les compétences requises est un bon C.V. Mais le fait d’habiter à Villiers-le-Bel, ville marquée par les émeutes de 2007, provoque une dissonance. La candidate s’éloigne alors de la norme. Le recruteur ne comprend pas qu’une femme française vive à Villiers-le-Bel, du coup il se méfiera et ne la prendra pas ». A contrario, une femme d’origine française vivant à Enghien, commune plutôt cossue, recevra le taux de réponses favorables le plus élevé (22,5%). Non seulement l’étude permet d’entrevoir les mécanismes qui s’opèrent lors de la sélection et du recrutement par le recruteur mais aussi la puissance des idées reçues et de la réputation de certains quartiers et certaines villes, largement alimentées par les médias.

Difficile en revanche, par le testing, d’examiner si la discrimination à l’embauche contribue à expliquer le plafond de verre pour l’accès aux postes d’encadrement. « Nous ne pouvons pas dire, à partir de cette étude, si le phénomène du plafond de verre est systémique. Bien sûr il existe mais pas forcément au moment où nous avons fait notre enquête et pour cette profession-là », tempère Pascale Petit. D’ailleurs, si les femmes se trouvent davantage en difficulté, l’origine marocaine pour les hommes n’est pas systématiquement discriminante. Toutefois, souligne l’économiste, les hommes d’origine marocaine ont de plus faibles chances que les hommes d’origine française d’accéder à un entretien d’embauche pour un poste en contrat à durée indéterminée.

 

Source : Ixchel Delaporte

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Published by kolektifdegage.over-blog.com - dans France : chômage
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