Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
7 juillet 2013 7 07 /07 /juillet /2013 20:20

Image00005.jpg

Le mot d’ordre est juste. Comme tout mot d’ordre, il mérite un éclairage. Qui le défend ?A qui s’adresse t-il ? Par qui est-il récupérable ?

La directrice des Ressources Humaines de Carrefour,  la directrice de l’Agorah, le directeur de la SHLMR… les forces de répression ?

La créolisation des cadres est un combat d’arrière-garde : Kompétans lokal, komandér makro ? Ces messieurs de la préférence régionale veulent exercer dans le cabinet du préfet, être des directeurs s’il vous plaît. Il s’agit en réalité aujourd’hui d’une revendication de la petite-bourgeoise intellectuelle qui tente de s’appuyer sur les explosions urbaines pour se frayer une diagonale à la Réunion. Or, son rôle, pour ceux qui en sont conscients et en ont le courage est de mettre à bas le système qui crée le mal-développement à la Réunion, est de s’approprier économiquement le pays.

 

Le mot d’ordre : Viv épi travay dan nout péi, sans contenu de classe, sans caractère national, sert les intérêts électoralistes des autonomistes de droite comme de la pseudo-gauche… Pratique, les partis comptent précisément sur la petite-bourgeoisie pour s’inscrire sur les listes et docilement glisser le bulletin aux urnes.

 

Pas de créolisation de l’emploi sans emploi : c’est évident. Le consensus sur le mot d’ordre est un consensus colonial et libéral. Le PCR -qui sort de son brillant congrès- est face à ses contradictions d’appareil colonial : selon ces partisans l’emploi local est une priorité ( AJFER) mais il faudrait envisager « 10 ans, 20 ans…  » avant d’envisager une fonction publique entièrement locale. On sent la carotte. Or, premièrement, la fonction publique territoriale est importante à la Réunion. Deuxièmement, les réunionnais n’ont pas attendus les chantres de la créolité pour passer les concours de la fonction publique et rentrer au pays dès que cela a été possible. Troisièmement, le débat sur la régionalisation ne fait qu’annoncer la fin du service public dans le cadre des politiques d’austérité. Plus de décentralisation, plus d’inégalités et plus de difficultés pour la Réunion.

La préférence régionale n’est pas  la créolisation totale mais plutôt le signe d’ un contexte de dégradation des conditions de travail et de salaire sans précédent qui est bel et bien annoncé.

 

Avec d’autres nous pensons que sans libération nationale, il n’y aura guère de libération sociale.


Citons l’écrivain et penseur Cabort-Masson, dissident du césairisme : « Ces dernières décennies ont établi une loi de la décolonisation irréfutable : dans toutes les colonies les leaders, petits-bourgeois ou grands, ont eu à choisir entre le ventre et l’âme. Ils ont choisi l’âme, la liberté politique collective sans laquelle la liberté individuelle n’est qu’illusion. »

Ne soyons pas, nous réunionnais, des exceptions à la règle. Prendre ses responsabilités, c’est préparer l’avenir d’une Réunion jouissant d’une indépendance économique. Or, l’autonomie prônée ici et là, mise en avant par les médias coloniaux (presse de droite à l’avant-garde), fantasmée par certains naifs fonnkérisants, nous donnant l’illusion de liberté, nous aliènera davantage à la France. A moins que le niveau de conscience augmentant, cette autonomie accentuant les contradictions, ne mène indéniablement la Réunion et ses enfants vers l’unique voie historique qui l’attende, c’est-à-dire l’indépendance. Cette indépendance sera à l’image du réunionnais et de la réunionnaise d’un nouveau type ou à l’image du colonialiste. C’est à nous, réunionnais, de veiller à ce que ce choix ne soit pas à l’image du colonialiste.

 

Le rôle des anticolonialistes et des révolutionnaires aujourd’hui est de préparer cette indépendance à travers un programme de changement de société radical et de prévoir nos défenses face à l’impérialisme français. Notre rôle est d’inventer une Réunion nouvelle et d’en faire le laboratoire d’un monde nouveau tant sur l’organisation du travail et de l’industrie répondant aux besoins et selon les moyens de chaque réunionnais et de chaque réunionnaise. Notre rôle est d’inventer le réunionnais de demain, sur le plan économique, culturel, intellectuel et individuel. Notre tâche est d’élaborer notre propre modèle émancipé des échecs des décolonisations ratées (dictature, misère, capitalisme d’ Etat…).

Ce programme de réflexion et d’actions est celui de la Fondation Eva ( eva.fondation@yahoo.fr), c’est pourquoi nous l’avons rejoint avec d’autres membres du JERF.  La Fondation Eva est ouverte à quiconque désire mener un combat contre le système colonialiste et capitaliste sans la tutelle des partis d’élection.

 

Sandro du JERF.

Partager cet article

Repost 0
Published by kolektifdegage.over-blog.com - dans Groupe Martiniquais-Réunionnais-Guyanais
commenter cet article

commentaires

Fanfan 17/07/2013 20:10

Entièrement d'accord avec ton analyse Sandro.

Salutations martiniquaises.